Le roi du Danhomè est un être sacré. Il porte plusieurs titres : Dada (père de toute la communauté), Dokounnon (détenteur et dispensateur de biens), Sèmèdo (maître du monde), Aïnon (maître de la terre), Jèhossou (maître des perles), etc. Son totem est le léopard.
Le roi a un pouvoir mystique, religieux et temporel, et jouit de multiples privilèges tels que le port de sandales et le transport en hamac.
-INSIGNES DU POUVOIR DU ROI
Les insignes du pouvoir royal sont le kataklè (tabouret tripode), les afokpa (sandales), le avotita (pagne tissé et décoré de motifs appliqués), le awè (parasol), le mankpo (récade), le so (fusil) et le hwi (sabre).
Le tabouret et les chaussures légitiment le nouvel élu. Le pagne, le parasol et la récade sont les attributs nécessaires à sa présentation au public. La récade représente aussi le roi en tout lieu et en tout temps, de son vivant comme après sa mort. Le sabre et le fusil témoignent du caractère guerrier de la royauté.
Les sujets(étrangers, et habitant du royaume) ne s'approchent de lui qu'en se prosternant dans la poussière, en signe de respect, la poitrine et les pieds nus.
Treize rois se sont succédé à Abomey, avec chacun son nom fort, tiré d'une phrase allégorique évoquant son parcours, sa vision ou ses projets
Le Royaume du Dahomey
Le Royaume de Dahomey a été fondé au début du 17ème siècle. Le royaume a graduellement étendu sa domination sur la plupart des régions voisines.
Le roi Agadja, qui au début du 18ème siècle a établi un corps d'armée féminine, connu sous le nom " Amazones ", a pris controle d'Allada et de Ouidah, devenant ainsi un véritable fournisseur d'esclaves aux Européens.
Après la mort du roi Agadja, le Dahomey a été dominé pendant quelque temps par le royaume d'Oyo, mais a été restauré par le Roi Guézo (il règna de 1818 à 1858). C'est vers 1850 que la pénétration française commenca.
Le dernier roi d'Abomey, le Roi Béhanzin a résisté à la colonisation pendant quelques années sans grand succès. Le Dahomey devint alors une colonie française.
La Colonisation du Dahomey
En 1851 La france a signé un traité d'amitié et de commerce avec le Roi de Porto-Novo qui était un protégé du Roi Glèlè (règne : 1858-1889).
En 1861 les forces britanniques ont acquis la ville de Lagos. Les Français et les Britaniques signent alors deux traités, un en 1868 et l'autre en 1878 qui aboutissent à la prise de Cotonou par les colons Français.
Le Roi Béhanzin essaye alors de regagner Cotonou, ville indipensable pour la continuité du commerce d'esclaves. Défait en Décembre 1892 malgré une résistance acharnée, le royaume d'Abomey a été placé sous le protectorat de la France.
En 1899 Dahomey a alors été incorporé à l'Afrique de l'Ouest Française avec ses frontières definies par un traité
Anglo-Allemand, qui étaient respectivement les colonisateurs de l'Est et l'Ouest.
A la fin de la première Guerre Mondiale, la partie Est de la colonie allemande, le Togo a été placé sous le mandat de la France.
Le Dahomey adhéra à la cause de la " France Libre " durant la deuxième guerre mondiale, et en 1946 devient l'un des territoires français d'outre-mer jusqu'en 1960. Le pays proclama son indépendance en 1960.
Le Dahomey et son Indépendance
L'évolution politique du Bénin a été particulièrement mouvementée pendant plusieurs années.
Le premier président, Hubert Maga, a été délogé en 1963 par un commandant d'armée.
En 1970 une commission de trio-présidentiel accéda au pouvoir et abolit la constitution.
Les membres, le président Maga inclus, se succèdent respectivement à la présidence. Maga devient le premier président, succédé par Justin Ahomadégbé en 1972.
Les Années de la Révolution
Le 26 Octobre 1972, le Commandant Mathieu Kérékou renverse le gouverment à la suite d'un coup d'état militaire.
Le Dahomey prend le nom du Bénin le 30 Novembre 1975. Le marxisme-léninisme fut adopté comme guide politique et économique, mais a été abandonné en 1989 pour une transformation politique qui aboutit en 1990 à la formation d'un gouvernement de transition qui ouvra ses portes à une démocratie multipartite.
Le Bénin nouveau et l'évolution politique
En Février 1996 plus de 80 partis politiques ont été officiellement reconnus.
L'évolution politique du Bénin, pendant ces trente dernières années, a été particulièrement mouvementée.
A plusieurs reprises, l'armée est sortie de ses casernes, et s'est imposée comme la seule force politique sur l'échiquier national, sans, pour autant, assurer la stabilité, renforcer les institutions, rendre efficace l'administration et combler les espoirs des Béninois.
Au contraire, de 1975 à 1989, le régime militaro-marxiste a conduit l'économie béninoise sur une voie de garage. C'est la Conférence des forces vives de la Nation, qui remet le Bénin sur les rails et fait du pays, une démocratie pluraliste de type présidentiel.
Du 19 au 28 février 1990, 488 délégués représentant cinquante et une sensibilités politiques dont les associations régionales de développement, les cultes et associations d'obédience religieuse, les ordres, groupements professionnels, ainsi que les Béninois de l'étranger, se sont penchés sur les problèmes du pays et ont proclamé la souveraineté de la Conférence des forces vives de la Nation et rendu exécutoire les décisions de la Conférence.
Pendant une période transitoire de 12 mois, à partir du 12 mars 1990, la Conférence a élu Nicéphore Soglo comme Premier ministre, fait voter par référendum la nouvelle constitution et établi le calendrier des élections législatives et présidentielles en vue de l'instauration d'un nouveau régime.
Ainsi, le 24 mars 1991, Nicéphore Soglo est élu président pour un mandat de cinq ans. Au mois de février de la même année, l'Assemblée nationale élisait ses 64 députés au suffrage universel direct pour un mandat de quatre ans. Une nouvelle page de l'histoire du Bénin vient d'être tournée.
La renaissance du Bénin
Coïncidant avec la fin de la guerre froide et la chute du mur de Berlin, la pacifique transition démocratique du Bénin a fait tache d'huile partout en Afrique.
Au point où le Président Abdou Diouf du Sénégal qualifie le Bénin de pays " où la démocratie a revu le jour en Afrique ".
Et pour causes : libéralisation et modernisation de l'économie, rétablissement des équilibres macro-économique, assainissement et redémarrage du système bancaire, réhabilitation des infrastructures et bonne réponse des bailleurs de fonds, ont propulsé le Bénin, en quatre ans, au rang de pays modèle pour ses performances économiques et sociales.
Cité en exemple et particulièrement apprécié par les partenaires du développement, le Bénin a été choisi pour abriter le sixième Sommet des chefs d'État de la Francophonie.
La France et le Canada, principaux bailleurs de fonds de la Francophonie, manifestent leur appui à la réussite béninoise.
Le Président de la république est le chef de l'État et chef suprême des armées.
Il est élu au suffrage universel pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois. Nicéphore Dieudonné Soglo est le premier président démocratiquement élu du Bénin.
Il a été défait le 4 avril 1996 par Mathieu Kérékou, ancien dictateur qui dirigea le Bénin pendant 18 ans